L’ ordre judiciaire fait intervenir différents acteurs : le juge – acteur principal de la procédure – et les auxiliaires de justice, dont le rôle est d’assister le juge tout au long du procès.
L’huissier – auxiliaire de justice – exerce ses missions en amont et en aval du procès, moyennant rémunération.
Huissier de justice : organisation de la profession
Organisation de l’étude d’huissier
Au terme de sa formation, l’huissier peut choisir d’exercer seul ou de s’associer à d’autres huissiers ; quel que soit son choix, il exerce au sein d’une étude.
Au sein de son étude – ou office – le maître huissier est généralement assisté de collaborateurs :
- le clerc d’huissier ;
- des huissiers stagiaires, en cours de formation d’huissier ;
- des assistants juridiques spécialisés ;
- un comptable ;
- des secrétaires, etc.
La diversité des collaborateurs et leurs domaines de spécialité respectifs assurent aux clients une prise en charge intégrale et fiable de leurs intérêts.
Contrôle de la profession d’huissier
Les offices d’huissier sont soumis à des règles de déontologie, sanctionnées le cas échéant lors d’inspections annuelles, sous le contrôle du procureur de la République.
En cas de manquement à la déontologie ou de faute, la responsabilité des huissiers peut être engagée et des sanctions disciplinaires peuvent être prises à leur encontre par la chambre des huissiers.
Huissier de justice : pouvoirs et compétences
Pouvoirs exclusifs de l’huissier
L’huissier est un juriste qui présente une particularité : l’huissier est un officier ministériel ; au terme de sa formation, il est investi d’une mission d’autorité publique, c’est-à-dire que lors lors de sa nomination par le ministre de la Justice, il reçoit un pouvoir spécial, pour lequel il est seul compétent.
De ce fait, le recours à un huissier est obligatoire pour 2 types d’actes :
- Significations d’actes judiciaires lors d’un procès : l’huissier est seul compétent en matière d’assignation par huissier et de signification de jugement.
- Mise en œuvre d’un titre exécutoire : l’huissier est seul compétent pour procéder à des saisies, sur présentation d’un jugement écrit ou d’un acte notarié.
Compétences juridiques de l’huissier
Outre ses pouvoirs exclusifs, l’huissier est compétent pour conseiller et rédiger de nombreux actes juridiques : constat huissier, recouvrement par huissier, courrier huissier, etc.
Le recours à l’huissier
L’huissier de justice représente un coût à la charge des parties au procès ; son intervention est néanmoins indispensable pour certains actes :
- saisir la justice civile :
- Lorsque le conflit porte sur une somme supérieure à 5 000 € et relève de la compétence du tribunal judiciaire (ex-tribunal d’instance et ex-tribunal de grande instance) ou le tribunal de commerce, le recours à l’huissier est obligatoire.
- C’est lui qui rédige l’assignation en justice, et qui la remet au défendeur (personne assignée) d’une part, au greffe du tribunal compétent d’autre part.
- Citation à comparaître devant la justice pénale :
- L’huissier de justice est chargé d’informer l’auteur de l’infraction de la date de l’audience pénale devant le tribunal de police, le tribunal correctionnel et la cour d’Assises.
- Le demandeur doit en outre avoir recours à l’huissier en cas de citation directe.
- jugement rendu :
- Il revient à l’huissier de « signifier » aux parties les actes judiciaires, et notamment le jugement.
- En cas d’inexécution du jugement, il faut avoir recours à l’huissier de justice pour mettre en œuvre les voies d’exécution forcée (saisies, expulsion, etc.).
- Il peut pour cela se faire assister par les forces de l’ordre.
Tous les actes de l’huissier peuvent être contestés devant le tribunal en charge de l’affaire en cours.
L’intervention de l’huissier peut également être nécessaire pour constater des faits à valeur de preuve : il constate les faits (troubles du voisinage, injures sur un site internet, vices cachés d’un produit de consommation, abandon de poste par un salarié, etc.) puis dresse un procès-verbal, pièce probatoire présentée au juge lors de l’audience.
Par ailleurs, depuis le 1er février 2022, l’huissier peut accompagner les propriétaires dans le cadre d’une procédure administrative d’expulsion. Cette procédure existe depuis depuis le 1er janvier 2021 et permet aux propriétaires d’expulser un locataire sans passer par le tribunal judiciaire. Ainsi, les propriétaires peuvent se faire assister d’un huissier de justice qui les accompagne pendant toute la durée de la procédure jusqu’à la restitution du logement. L’huissier prend en charge le dossier moyennant honoraires d’intervention.
La rémunération de l’huissier
La rémunération de l’huissier se compose de plusieurs sommes :
- Les émoluments :
- Ils correspondent à la rémunération des actes établis et délivrés par l’huissier (assignation, signification du jugement, etc.).
- Ils comprennent les droits fixes – déterminés par la loi – et les droits proportionnels, déterminés en fonction de la valeur de l’objet en jeu.
- Les honoraires :
- Ils correspondent à la rémunération des conseils et des constats.
- Ils sont librement fixés par l’huissier, en accord avec la personne qui y a recours.
- Les débours :
- Ils correspondent au remboursement des sommes avancées par l’huissier dans l’exercice de sa mission.
- Par exemple, les droits fiscaux ou la rémunération des personnes dont l’intervention a été sollicitée.
- Le demandeur lui rembourse.
- Les frais de déplacement :
- L’huissier se déplace au domicile des personnes pour leur délivrer les assignations en justice et leur signifier le jugement.
- Les frais de transport – fixés sur la taxe kilométrique ferroviaire en 1ère classe (environ 8 €)– sont à la charge des parties.
L’huissier est en principe rémunéré par la personne qui demande l’acte ; néanmoins, le jugement peut décider que la rémunération de l’huissier est à la charge de l’autre partie au procès, ou à la charge des 2 parties.
Les personnes bénéficiaires de l’aide juridictionnelle sont en partie dispensées du paiement de l’huissier.